La Direction Générale de l’Offre de Soins (DGOS) a publié fin octobre 2025 une note d’information établissant les modalités de mise en œuvre d’une méthodologie d’évaluation de l’empreinte carbone des médicaments, dénommée « score carbone médicament ».
L’objectif principal de cette démarche est d’offrir aux laboratoires pharmaceutiques un cadre commun, simple et opposable pour calculer l’empreinte carbone des spécialités qu’ils commercialisent, en couvrant l’ensemble du cycle de vie : extraction des matières premières, fabrication des principes actifs, formulation, conditionnement, distribution et gestion de la fin de vie.
La majeure partie des émissions est liée à la production des principes actifs et aux opérations de formulation, tandis que le packaging et le transport contribuent de façon plus limitée. Les résultats s’expriment selon plusieurs unités : kg CO2 eq/boîte, kg CO2 eq/UCD (Unité Commune de Dispensation) ou kg CO2 eq/DDJ (Dose Définie Journalière), afin de permettre des comparaisons adaptées aux contextes. La méthodologie est accompagnée d’un guide et d’une matrice d’évaluation accessibles sur le site de la direction générale des entreprises (DGE).
Pour faciliter le déploiement opérationnel, une liste prioritaire de 18 molécules a été établie ; cette sélection, qui sera actualisée périodiquement, cible des substances présentant à la fois une contribution significative aux émissions, un potentiel réel de décarbonation et l’absence d’un risque majeur de rupture d’approvisionnement. Les établissements de santé sont encouragés à intégrer le score carbone parmi leurs critères d’évaluation des offres, afin d’orienter progressivement les achats vers des produits moins émissifs.
Il est cependant souligné que la fiabilité des bilans déclarés par les industriels ne pourra être garantie qu’après vérification par un tiers accrédité. Par ailleurs, la méthode présente des limites importantes : elle se focalise sur le bilan carbone et n’intègre pas d’autres dimensions environnementales telles que la toxicité, l’écotoxicité, la raréfaction des ressources en eau ou l’eutrophisation, qui restent à considérer dans une évaluation environnementale globale.
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