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Un centre d’appel pour veiller sur les personnes fragiles

La première semaine, ils étaient réunis aux centres d’appels de Colmar et Mulhouse. Depuis le 16 mars tous les bénévoles passent les appels depuis chez eux. L'objectif ? Entretenir le lien social, rassurer, veiller, mettre en place une aide si nécessaire.

« Nous avons réactivé au pied levé l’organisation mise en place lors des déclenchements de canicule. » explique Catherine Breysach, responsable du bénévolat au Réseau APA. Notre réseau associatif œuvre sur un grand quart Est de la France et propose des services d’aide à domicile. Dans le contexte actuel, un système de veille téléphonique a été organisé. « Malheureusement au début, nous avons dû prioriser nos interventions. On devait faire face à la pénurie de personnel. Mais il était hors de question d’abandonner nos bénéficiaires. » affirme avec conviction Matthieu DOMAS, directeur général du Réseau APA.

L’objectif du centre d’appel était de maintenir le lien social et vérifier que les bénéficiaires se portaient bien. On appellait les plus fragiles, ainsi que ceux impactés par un aménagement de planning ou une annulation d’intervention. De plus en plus de bénévoles, de toute la France, (et même de Saint-Pierre et Miquelon !) sont venus donner de l’envergure à ce dispositif de solidarité qui a accompagné de nombreuses associations. Ainsi, chaque semaine, 18 350 personnes ont été appelées par 713 bénévoles. Le Réseau APA a par ailleurs conseillé d’autres associations dans le montage de leur propre plateforme d’appels.

Souhaitez-vous que l’on vous rappelle ?

« Au début, près de 90% des personnes appelées souhaitaient être rappelées la semaine suivante, pour que l’on continue à prendre de leurs nouvelles.» explique Catherine BREYSACH. Les bénévoles étaient équipés de listes nominatives de suivi, pour chaque personne appelée. Comment vous sentez-vous ? Pouvez-vous vous faire à manger ? Etes-vous entouré ? Voici quelques exemples de questions que posaient les bénévoles à chaque appel et rappelaient les gestes barrières indispensables.

Si le bénévole détectait une situation délicate, le lien était immédiatement fait

avec les services d’aide et de soins à domicile du Réseau APA ou les secours si nécessaire. Au fil des appels, de véritables complicités se sont créées. Si ce dispositif exceptionnel prend fin mi-juin, des couples bénévoles-bénéficiaires resteront en contact à titre personnel. Les personnes isolées qui le souhaitent pourront continuer à bénéficier de ces appels de convivialité, grâce aux nombreux bénévoles qui ont choisi de poursuivre leur engagement, renforçant ainsi les actions pérennes de lutte contre l’isolement menées par le Réseau APA.

« Les périodes de crises nécessitent de développer de nouvelles ressources et de la créativité pour faire face aux difficultés. Au Réseau APA, nous dégainons notre meilleure arme : la solidarité liée au professionnalisme, autrement dit, l’exceptionnelle complémentarité de nos salariés et bénévoles. » conclut Matthieu DOMAS.

www.reseau-apa.fr

 

RESEAU APA, TEMOIGNAGES 

Marguerite B, bénéficiaire du réseau

« J’attends tous les jours que ça se passe. J’ai le temps long après mes petits-enfants, je voudrais les serrer dans mes bras, jouer avec eux. Je les vois par Skype mais ce n’est pas pareil. Je parle un peu avec les voisins, à trois mètres de distance. Mais je suis vraiment toute seule, enfermée. Il n’y a pas si longtemps, je vendais des fleurs au marché St Joseph. On disait que je savais bien conseiller les gens. Et aujourd’hui je suis privée de tout ça. Je me sens quand même privilégiée, parce que j’ai un jardin, je peux encore bouger. Mais ça me manque tellement de sortir. Je voudrais marcher, faire des grands pas. Il y a des gens pour qui c’est plus difficile, qui ne peuvent plus, sont couchés à la maison. Il faut à mon vieux corps du monde autour de lui et des gens à serrer dans ses bras ! »

Sabrina B, auxiliaire de vie dans le Haut-Rhin, au sein du Réseau APA

« Je lui dis bonjour avec mon plus grand sourire, mais elle ne le voit pas car il est caché derrière mon masque. Mon masque la rassure car je me protège et je la protège, mais en même temps, il lui fait prendre conscience qu'aujourd'hui nous sommes en guerre contre un virus. Il ne lui reste que mes yeux fatigués et inquiets pour comprendre que je suis là et que je ne l’abandonnerais pas. Je ne peux ni lui serrer la main ni l'embrasser, car je tiens à elle. Je lui demande comment elle va. Si elle a bien dormi, déjeuné. Elle me parle de sa nuit à penser à ce virus pendant que je lui fais sa toilette. Elle me dit combien sa famille lui manque et combien elle est inquiète.

Je tâche de trouver les bons mots en essayant de prendre soin d'elle. Mais rien n’est plus comme d'habitude. La toilette et les soins finis, je désinfecte tout ce que je peux. Je lui demande si elle veut que je lui fasse quelque chose avant de partir. Elle me répond qu'elle veut surtout me revoir. Je souris, mais elle ne le voit toujours pas. »

 

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